collegiale_candes_webSitué à flanc de coteau, au confluent de la Loire et de la Vienne, le village de Candes garde précieusement le souvenir de Saint Martin, évangélisateur et missionnaire des campagnes. En effet,  A une époque où le christianisme était surtout implanté dans les grands centres urbains, il revient à Martin de l’avoir diffusé jusque dans les régions les plus reculées. Après avoir déraciné les cultes païens, prêché l’Evangile, il confiait ces nouvelles paroisses à de petits groupes de moines prêtres. Et c’est pour régler une querelle surgie entre les clercs de la paroisse que Martin est revenu à Candes. C’est là, après avoir une dernière fois œuvré en faveur de l’unité et de la charité, qu’il sent ses forces l’abandonner. Sur le point de rendre son dernier souffle, il réconforte et fait ses adieux à ses disciples : « Laissez, laissez-moi mes frères, regarder le ciel plutôt que la terre, pour que mon âme au moment de se mettre en route vers le Seigneur suive bien la route qui est la sienne  ». Le 8 novembre 397, Martin est rappelé à Dieu. Une légende raconte comment poitevins et tourangeaux se sont ensuite disputés sa dépouille. Les tourangeaux, profitant du sommeil des poitevins, s’emparèrent du corps et l’emmenèrent par bateau jusqu’à Tours.

Histoire de la collégiale

Le souvenir de la mort de Martin fait rapidement de Candes un haut lieu de pèlerinage. Au IXe siècle, l’église est confiée à un chapitre de douze chanoines : elle devient une collégiale. C’est très probablement l’afflux des pèlerins ainsi que l’état de délabrement de la chapelle  primitive qui sont à l’origine de la construction de l’édifice actuel. Commencés en 1175 par la chapelle saint Martin, le chœur et le transept, les travaux sont probablement achevés vers 1225. Les guerres et conflits successifs laissent leurs traces dans l’architecture de la collégiale. Au cours de la guerre de cent ans, l’église est fortifiée : créneaux et mâchicoulis, chemin de ronde et bretèche font leur apparition. Un siècle plus tard, les huguenots détruisent les statues du porche. Au XVIIIe siècle, l’état de délabrement de l’édifice est tel qu’il menace de s’effondrer en plusieurs endroits. Il faudra attendre le XIXe siècle pour que soit entreprise une restauration complète.

Visite de la collégiale

Le pèlerin qui vient par le fleuve ou le chemin qui le borde entre dans la collégiale par le porche, grand massif rectangulaire, construit vers 1250. Il comporte deux étages : le porche proprement dit et la chapelle Saint-Michel. La façade est composée de deux registres superposés de statues, reliés par de fines colonnettes. Le tympan de la porte d’entrée, très mutilé, représente le Christ entre la Vierge et saint Jean. L’intérieur frappe par son élévation et sa luminosité. Il se compose d’une nef comportant trois vaisseaux de même hauteur. Les voûtes bombées sur croisées d’ogives sont typiques du gothique angevin ; elles datent des années 1250. Le transept et le chœur sont sans doute légèrement antérieurs. Parmi les éléments remarquables du mobilier, le maître-autel retient l’attention par sa qualité. Du XVIIIe siècle, il était à l’origine situé à la croisée du transept. Lors de son déplacement dans le chœur au milieu du XIXe siècle, furent mises au jour les reliques de saint Maurice : saint Martin avait en effet offert à Candes une fiole du sang de saint Maurice, soldat romain comme lui, qui fut martyrisé au début du IIIe siècle . Mais c’est bien sûr vers la chapelle Saint-Martin que le regard est attiré. Contiguë au chœur, elle occupe selon la tradition la place de la cellule où est mort Martin, comme le rappelle une dalle placée au sol. Un tombeau surmonté d’un gisant du saint représenté en évêque est abrité dans un enfeu . Un vitrail  représente l’enlèvement du corps de saint Martin par les Tourangeaux.

Source : Diocèse de Tours

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