18 [320x200]Située rue Descartes, à Tours, la basilique Saint-Martin, abrite le tombeau de saint Martin. Voici son histoire…

Les basiliques successives se sont élevées à l’emplacement même du tombeau de saint Martin décédé en 397. Le cimetière se situait en bordure de la rue des Halles, le long d’une voie antique.

Ve siècle

L’évêque Perpet (458-488) relance le culte martinien en faisant bâtir une basilique, sans doute consacrée en 471, à l’emplacement de la petite chapelle de saint Brice. Jean Hubert dit de cet édifice qu’il est « le plus grand monument en occident consacré à la gloire d’un confesseur et le plus grand jusqu’à l’époque carolingienne ».

La basilique est de dimension colossale : 53 m de long ; 20 de large et 45 de hauteur. Le décor se compose de tentures de soie, voiles, vitraux, incrustation de marbres variés, mosaïques, colonnes et colonnettes aux chapiteaux de marbre.

La basilique est entourée d’un atrium, espace clos protégé par des maisons : logis de l’abbé et des clercs (domus basilacae)

IXe siècle

L’arrivée des Normands nécessite la fortification de l’abbaye.

Xe siècle

Les retranchements sont édifiés. Apparaît alors le bourg de Châteauneuf, petite ville dans l’antique cité de Tours (Caesarodunum).

Dans ce quadrilatère, 5ha de terrain sont protégés.

En 994, un incendie détruit le Castrum Sancti Martini. Reconstruite et consacré le 4juillet 1014, l’édifice fut victime d’un nouvel incendie en 1096 ; église, castrum et cloître sont anéantis.

XIIe siècle

Cette époque marque la reconstruction totale de la basilique. La nef semble la réplique de celle de Saint-Sernin de Toulouse. Les dimensions sont les suivantes : 56m de long ; 28 de large dont 9,50 pour le vaisseau central.

Chacune des extrémités du transept est coiffée d’une tour ; la tour Charlemagne est placée à l’extrémité du bras gauche du transept. Un seul chapiteau historié nous est parvenu : celui qui couronne la grosse pile sous la tour. Des peintures murales ont été retrouvées datant probablement du XIIe siècle.

Au terme de la grande campagne de rénovation de la fin du XIIe, le chœur fut rasé quelques décennies plus tard et entièrement reconstruit das des volumes deux fois plus vastes et nettement plus hauts. L’ensemble est légèrement désaxé par rapport à l’église romane. Le sanctuaire était éclairé par 32 vitraux et les bas-côtés par 20 autres. L’ensemble brûle en 1230 ; les verrières transférées à la cathédrale sont datées de 1250.

XIVe et XVe siècles

Sept chapelles sont bâties sur le flanc sud de la nef, entre les deux portes donnant sur le petit cloître reconstruit après 1262.

1454 : les reliques du saint sont transférées dans une nouvelle châsse.

1562 : les Huguenots se rendent maîtres de la ville et commencent le pillage des églises. Le 9 mai, le tombeau est détruit jusqu’à son fondement.

A partir de 1564, la restauration du sanctuaire est engagée. Cependant le culte voué èà saint Martin décline progressivement.

XVIIIe siècle

1789 : la basilique menaçait de s’écrouler en plusieurs points malgré les coûteux projets de rénovation.

Le sol de la nef est exhaussé de 3 à 4pieds pour l’installation d’un caveau permettant de recevoir le corps des chanoines.

1790 : les travaux se poursuivent : le badigeonnage des murs, réfection du sol et du chœur et achats de nouvelles stalles. Le 13 avril 1790, le domaine martinien est déclaré bien national.

Le 24 décembre 1793, les sans-culottes envahissent l’église, chassent les fidèles, brise l’autel et les croix. Elle reste vide et fermée.

1794-1797 : elle devient « Ecurie Saint-Martin ». Constamment pillé, l’édifice menace aussi de s’écrouler. Une solution radicale est proposée : la destruction.

1798 : le projet est accepté par la municipalité. Les travaux de démolition s’achèvent le 10 novembre par une gigantesque explosion, « le bouquet de saint Martin » qui épargne seulement la tour Charlemagne et la tour du Trésor. Dns cette explosion finale disparaît l’un des édifices les plus prestigieux de l’occident.

XIXe siècle

Le début du XIXe siècle marque le renouveau du culte martinien et la volonté de rebâtir l’édifice. En 1847, les religieuses du Sacré Cœur acquièrent et restaurent Marmoutier ; le monastère de Ligugé est rétabli.

Stanislas Ratel découvre le plan de 1801 qui permet de localiser le tombeau du saint, non sous la rue des Halles comme on le croyait, mais sous les trois maisons qui occupaient l’angle sud-est du carrefour de la rue des Halles et de la rue Descartes. Le 14 décembre 1860, les vestiges du tombeau sont retrouvés grâce à l’activité inlassable de M. Dupont.

La nouvelle basilique sera construite de 1886 à 1924 d’après les plans de Victor Laloux dans un style romano-byzantin. Elle est consacrée en 1925. La nef est composée de quatorze colonnes de granit des Vosges Le chœur est surélevée par un escalier au-dessus de la crypte, limité par deux colonnades.

Les charpentes s’apparentent aux églises antiques italiennes de Florence (San-Miniato) et de Venise (Torcello). Elles caractérisent l’architecture religieuse du IVe siècle.

Le dôme de la basilique est couronné d’une statue en bronze de saint Martin réalisée par le sculpteur Jean Hugues. Elle mesure 4m25 pour 1692 kilogrammes.

Sur le parvis précédant la façade méridionale, un monument en forme de calvaire évoque saint Perpet et Grégoire de Tours.

Source : Diocèse de Tours – Guide du pèlerin 1996

CONTACT :

Basilique Saint-Martin de Tours

Tél. 02 47 05 63 87

Courriel : basiliquesaintmartin@wanadoo.fr

Site : http://basiliquesaintmartin.fr/

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